en manque

L’ÉQUIPE DE CRÉATION

En manque (version française de Crave) by Sarah Kane

traduction Philippe Ducros

Mise en scène Stacey Christodoulou

Avec Philippe Ducros, Mylène Fortin, Michel Mongeau, and Christiane Proulx

Scénographie David Vivian Costumes Tiffany Oschmann Éclairages David Perreault Ninacs Musique Alexander MacSween Direction de production et assistance à la mise scène (2003) Kathryn Cleveland Direction technique (2003) Guy Robinson Direction de production (2004) Éric Duval Direction technique (2004) Jody Burkholder

Dates du 15 avril au 3 mai 2003 et du 17 au 28 février 2004
Lieu MAI (Montréal, arts interculturels), 3680, rue Jeanne-Mance (Metro Place des Arts)

Horaire à 20 h 00 et 23 h 30, mardi au samedi

Reservations (514) 982-3386


Synopsis

En manque est une méditation non linéaire sur les complexités de l’amour et ses contradictions. Il s’agit de la dernière pièce terminée par la dramaturge avant son suicide en 1999. Poème pour quatre voix, la pièce n’a ni lieu ni temps spécifiques. Quatre personnages exposent leurs souvenirs, leurs désirs, leurs manques, faisant fi de l’âge, du statut, des attentes. Évoquant parfois les troubles familiaux, à d’autres moments, le sentiment de solitude des étrangers, l’impulsion de la pièce vient de la conscience grandissante que l’intimité amoureuse, même ardemment souhaitée, est impossible.


presse

“The Other Theatre’s production of Crave was more along the lines of the new British proletarian, gritty yet, poetic, ‘realist’ variety. Think of Mike Leigh film transposed to a bare stage with québécois actors. Stacey Christodoulou has directed a strong ensemble performance, enabling and trusting her actors to invest themselves in these four complex and charged characters. The director’s hand almost disappears and Kane’s start, polished, desperately redemptive text emerges unencumbered by “discourse” or an emphatic reading into her play. The multi-layered, non-linear text (or “fugue” as Crave is convincingly described in the program notes) guides this production without dominating it in a monist fashion.”

Louis Patrick Leroux, The Canadian Theatre Review, Fall 2004

«Pour sa deuxième mise en scène d’une pièce de Sarah Kane, la Montréalaise Stacey Christodoulou démontre une grande compréhension de cette œuvre. Subtile, sensible et faisant preuve de beaucoup de compassion, sans sensiblerie, condescendance ou apitoiement, sa direction d’acteurs laisse une grande liberté aux comédiens qui incarnent ces personnages d’écorchés en étalant les misères de leurs âmes dévorées. Les quatre interprètes, au jeu à la fois controlé et vulnérable, sont tour à tour victimes et bourreaux, terriblement, – et simplement – humains.

Un décor simple, une scénographie éclatée de même que d’habiles éclairages parviennent à créér ce lieu de nulle part, purgatoire où les maux et les voix se répondent, rythmés à la même cadence. La metteure en scène insuffle en effet un certain mouvement à ce texte statique, comme un corps à la poésie. Et si l’inceste, le viol, l’impossibilité d’intimité réelle et profonde, les familles et les couple naufragés peuplent le monde de la poète, les deux derniers mots de la pièce, «heureuse et libre», en disent cependant au moins aussi long sur ce à quoi, malgré tout, elle aspirait. »

Josée Chaboillez, Radiocanada.ca, Arts de la scène, avril 2003

«Si le travail de l’artiste est d’être à fleur de peau, ce texte douloureux et abrasif est une belle preuve du travail bien accompli. Si la tâche d’un auteur est d’essayer de toucher à une corde sensible universelle et immanente dans notre société, Sarah Kane est une de ces personnes qui marquent le temps par une écriture lucide et folle qui semble qui semble tenter d’être un touche-à-tout des dérives existentielles contemporaines. Si le fardeau d’un metteur en scène est de faire exister dans un espace physique un univers imaginaire par le biais du médium-scénique, la mise en scène de Stacey Christodoulou aura réussie à donner une forme, un dynamisme et une sens à ce déluge verbeux. …

Stacey Christodoulou prend aujourd’hui sa revanche en signant une mise en scène qu sait demeurer fidèle à l’esprit du texte – c’est à dire une scénographie qui se rapproche davantage de la performance que de la tradition théâtrale proprement définie et cloisonnée. …

Si vous aimez haïre la haine; si vous détestez être rassurés par les mensonges rassurants des conventions ; si pour vous la dramaturgie se doit d’explorer les zones ombragées et pathogènes de notre quotidienneté ; allez voir En Manque (Crave) »

Éric Fournier, CHOQ.FM, 16 avril 2003

«La scénographie (David Vivian) et l’éclairage (David Perreault Ninacs) ont fait vraiment un très beau travail, on n’a pas l’impression d’être au théâtre mais dans un lieu. … Les comédiens sont impressionnants … Donc, cet univers-là, déprimant au possible, est très bien rendu. Bref, Stacey Christodoulou, cette fois-ci au deuxième coup, vise juste avec Sarah Kane. Et cette pièce-là – qui n’est pas la plus violente de Sarah Kane mais la plus désespérée, on a dit aussi la plus achevée – n’est pas une pièce que fera scandale, mais c’est une pièce très secouante, profondément. … C’est bien, c’est juste, on sent la tendresse sous la violence des états d’âme … c’est vraiment quelque chose de bien à voir à Montréal, En Manque de Sarah Kane. »

Robert Lévesque, Radio de Radio-Canada, Première chaîne, C’est bien meilleur le matin, 18 avril 2003

The tight squeeze in semi-darkness unsettles the spectators, conspiring to transform them into participants in what has the timeless feel of a secret initiation rite. In this case, into Kane’s unique dramatic universe and the equally original take-no-prisoners theatrical style of The Other Theatre …

The 38-year-old director put on Blasted at Théâtre de Quat’sous in what was by far the most compelling piece of theatre staged chez nous last year. Now En Manque, which begins when “B”, stunningly rendered by Michel Mongeau, enters the performance space, … makes Blasted seem tame and conventional by comparison.”

Matt Radz, The Gazette, April 19, 2003

«D’abord, c’est une parole très radicale, encore une parole très violente, mais il y a dans cette pièce de la tendresse, et surtout de l’espoir. …Les comédiens sont merveilleux, s’acquittent très bien de leur tâche, avec une préférence pour Christiane Proulx que l’on voit très rarement sur nos scènes et qui a une présence absolument incroyable. … C’est vraiment une pièce très importante. »

André Ducharme, Radio de Radio-Canada, Chaîne culturelle, Aux arts etc., 16 mars 2003


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